EXPOSITION GRAPHEIN

DIVERS

Du 20 au 30 juin 2019

Image: William Kentridge, Soft Dictionary, vidéo, 2016, courtesy de l'artiste et Zana Marovi.

Vernissage: 20 juin 2019, de 17h00 à 20h00
Exposition: 20-30 juin 2019, du lundi au vendredi, de 9h00 à 18h00
 

Artistes : ARDPG (Arnaud Puig), mounir fatmi, William Kentridge, L'Atlas (Jules Dedet), OBEY (Shepard Fairey), Frederik Peeters, Dan Perjovschi.
 
Originellement, graphein signifie « faire des entailles ». C'est à la fois le trait du dessin et celui de l'écriture. Il faut donc toujours se souvenir que les deux sont intimement tressés depuis les premiers comportements symboliques. Nos ancêtres ont laissé leurs traces, leurs traits, perpétuant leurs gestes à travers les âges. Ils sont autant de symboles qui nous permettent lorsqu'on les voit de traverser le temps, l'espace. Dessin et écrit font signe ensemble. Ils font tous deux image, langage. Ils vont jusqu'à se fondre intensément dans nos imaginaires.
 
Essentiel, ce moyen que nous avons utilisé pour interagir, communier et communiquer, signaler, témoigner, explorer et livrer nos sensibilités, dit et fait notre humanité. Le trait qui compte, qui décore, qui circonscrit, qui produit du sens. Il permet de transmettre, d'interpréter, de représenter. Allant plus loin, il cadre ou il ouvre, il autorise ou il interdit, il enferme ou il libère. Il permet aussi de faire passer des messages, de donner de la voix à ceux qui n'en n’ont pas.
 
L'histoire des arts forme un continuum de liaisons et de déliaisons de dessins et d'écrits. Les artistes, tous domaines et pratiques confondus, les ont largement combinés pour augmenter, dévoiler, pour dire l'entremêlement de l'art et du monde, de l'art et de la vie, dans des œuvres comportant souvent une dimension critique, sociale, politique. C'est cette idée qui sous-tend l'exposition éponyme.
 
Cette intention curatoriale n'a pas jailli ex-nihilo. L'idée de l'exposition nous est en effet venue en observant le travail de Dan Perjovschi – invité à l'Ecolint pour un workshop – et dont la démarche, sans vouloir la réduire, revient à « cristalliser » l'actualité culturelle, sociale, politique, sous forme de graffitis, d'écrits, de dessins, de caricatures, se déployant sur les murs des lieux qui l'accueillent.
 
C'est alors, qu'armés de nos réflexions, sensibilités, nous avons effectué une petite plongée dans le monde des arts, puis cherché, choisi des œuvres, jusqu'à pouvoir offrir une vision plurielle, suffisamment multidimensionnelle à notre sens : une extension du domaine de l'entaille...
 

Thinking and making an exhibition : a curatorial project.

Durant toute une année, un groupe d'élèves, accompagné par un curateur indépendant et historien de l'art (M. Fadat), découvre le monde de l'exposition, sa complexité, puis conçoit et réalise une exposition de A à Z.

Les élèves apprennent « tout en faisant » (en situation, par le milieu) les subtilités du métier en plusieurs phases : workshops propédeutiques dédiés à la sensibilisation et l'observation ; rencontres avec des professionnels ; réflexions sur les arts, débats ; définition de l'intention curatoriale (thématique), sélection des artistes et des œuvres, scénographie, rédaction, catalogue d'exposition, communication, conférence de presse, vernissage, montage, médiation...

Chaque année, au terme d'un processus théorique et pratique qui implique esprit d'initiative, créativité, travail collectif, engagement, esprit critique, une exposition inédite voit le jour dans l'enceinte du Centre des arts.

Pour sa seconde édition d'Ecoart, la curatorial team a conçu et réalisé l'exposition GRAPHEIN. Nous remercions les artistes, le Studio Fatmi, le Studio Kentridge, le Venn Art Projects, la Galerie iDroom, Maria Hugo, Patricia Guisado et Ignacio Cardoso (MEG).

Avec la participation active d'Isabelle Muller, responsable du Centre des arts, de Gilles Grassioulet, pour l'invitation de Dan Perjovschi et pour son soutien artistique et pédagogique, et de Daniel Wack, pour son regard, ses propositions, ses lectures.